La chaussée byzantine

Commentaires
de monsieur le Directeur Général des Antiquités
au Liban
L’Emir Maurice Chehab
sur le rapport établi par la mission Unesco
en juillet 1982
sur le site archéologique de Tyr

Beyrouth le 15-2-1983

LE SITE DE BASS

La chaussée byzantine

Elle menait à Tyr. Dégagée sur plus de 300 mètres, elle est formée de dalles en calcaire soigneusement disposées en chevrons. La chaussée vient se buter à l’Arc monumental, un trottoir continue à gauche au-delà de l’Arc.

La nécropole

De part et d’autre de cette chaussée se pressent à longueur de vue des ensembles funéraires, bâtis généralement en trois sections, dont la plus proche de la chaussée est la plus récente et date souvent de l’époque byzantine… Des sols dallés de marbres multicolores, des chapelles funéraires, des toits couverts de mosaïques, des escaliers menant à des étages où les vivants venaient séjourner quelque temps près de leurs morts, des enclos où des massifs surélevés servaient de sépultures aux affranchis et aux esclaves. Sur et autour de ces massifs, plus de 300 sarcophages de calcaire, de basalte et très souvent de marbre recevaient le corps des personnages importants de la famille. Souvent les sarcophages richement sculptés étaient exposés sur la grande route pour permettre aux passants de les admirer (ex. très beau sarcophage de marbre blanc orné d’une tête de méduse sculptée dans un médaillon, d’autres illustrant la guerre de Troie, sarcophage aux ménades, etc…). Les inscriptions de la nécropole qui décrivent la vie de la cité ont été publiées par les soins du Professeur Jean-Paul Rey-Coquais (bulletin du Musée de Beyrouth, t. XXIX)

L’Arc monumental

Il se composait d’une grande baie centrale qui chevauchait la route principale qui menait à Tyr et de deux ailes à deux baies cintrées superposées sous lesquelles passaient les trottoirs bordés de colonnes. La partie centrale qui atteint vingt mètres de hauteur a été redressée. Deux grosses tours rondes s’élevaient de chaque côté de l’arc. Contre la tour méridionale, de nombreux sarcophage en marbre, d’époque byzantine, ont été disposés d’une façon circulaire.

La fontaine sépulcrale

Une tombe monumentale a été adossée à la partie occidentale de cette tour. Ce monument a la forme d’un massif dont la façade est formée d’une fontaine monumentale décorée de niches et de bassins, de formes et niveaux variés, d’où les eaux tombaient en cascade.

La voie romaine

A partir de l’arc monumental, la chaussée byzantine dont le dallage a été arraché laisse à découvert la voie romaine pavée de gros blocs de calcaire dur sur lesquels les chars ont laissé les traces de leurs roues. Cette route était flanquée de colonnes doriques qui bordaient les portiques et menait à l’unique entrée de la ville, reliant la voie interurbaine à l’île. Les trottoirs ont conservé leur dallage byzantin.

L’Aqueduc

Le long du côté gauche de la voie romaine court l’ancien aqueduc dont les piles se suivent depuis la route asphaltée et qui est mieux conservé, à partir de l’Arc Monumental.

L’hippodrome

Perpendiculairement à la voie romaine, dont il est le contemporain, un hippodrome en forme d’U s’étend sur une longueur de 480 mètres et une largeur de 160 mètres. C’est l’un des plus beaux et des mieux conservés au monde. Cent mille personnes pouvaient prendre place sur les gradins, sans compter ceux qui se tenaient debout sur le promenoir supérieur. Musiciens, danseuses, courtisanes et marchands de pacotilles circulaient dans le promenoir inférieur périphérique proposant aux spectateurs leurs services. Les fondations des gradins sont une des réalisations architecturales les plus impressionnantes. Un obélisque en granit et une statue d’Hercule s’élevaient sur la spina ou “épine dorsale” que contournaient à toute allure dix chars à la fois. L’entrée et les tribunes des magistrats étaient situées au sud. Une chapelle byzantine ornée de fresques, construite ultérieurement, empiète sur la spina aujourd’hui.

Le périmètre archéologique de Tyr et ses environs

LA CITE

Allée principale

Cette allée est formée d’une chaussée large de 11 mètres et dégagée jusqu’à présent sur une longueur de 175 mètres. La chaussée bordée d’une colonnade et de trottoirs de 5 mètres de large menait au port à l’époque romaine, elle était recouverte de mosaïques formant de grands cercles sur le sol. Mais ce revêtement ne résista pas au va et vient quotidien et la Municipalité de l’antique Tyr remplaça les mosaïques abîmées par un dallage en marbre blanc. De part et d’autre on peut voir de belles colonnes en marbre monolithes à veines blanches et vertes. Ce marbre dit cipolin provient des carrières de Karystos en Grèce. Les colonnes dont le diamètre dépasse le mètre sont parmi les plus grosses connues au monde, leur hauteur est de huit mètres environ. Elles étaient dressées sur une base moulurée qui reposait sur un socle cubique en marbre. Quelques chapiteaux existent encore. Quant aux trottoirs, ils étaient revêtus de marbre et de mosaïques, et leurs dessins variaient de place en place suivant le goût des riverains.

L’arène

A quelques dizaines de mètres du trottoir de droite de l’allée principale s’élève un monument rectangulaire de 45 mètres de long et de 35 mètres de large qui servait à des jeux de lutte. Les deux mille spectateurs qu’il pouvait contenir s’asseyaient sur cinq rangées de gradins numérotés et construits en grands blocs de calcaire. Au centre, s’étendait une arène de sable que limitait un rectangle de murs en pierres blanches. Un promenoir recouvert de mosaïques longeait deux côtés de ce monument daté du IV° au V° siècle qui s’est superposé à un autre du début de notre ère et qui passe sous ses côtés ouest, Sud et Est et le dépasse de 7 mètres du côté Nord.

Les citernes

Tout autour de l’arène, des citernes rectangulaires, voûtées sont disposées en deux rangées dont certaines communiquaient entre elles par petits groupes. L’eau acheminée jusque la ville par l’aqueduc, était emmagasinée dans ces citernes pour approvisionner les quartiers résidentiels, situés sur deux terrasses s’échelonnant jusqu’à la mer. Les maisons étaient pavées de marbres ou de mosaïques et les rues de grosses dalles où les chars ont gravé des traces profondes. Au premier millénaire avant J.-C. l’eau potable était transportée à Tyr par bateaux. Des citernes recouvertes d’un enduit de chaux imperméabilisant furent construites pour emmagasiner ce liquide précieux, indispensable à la vie et à l’économie de la cité. Un petit récipient en marbre d’un aspect étrange fut découvert à Tyr en 1885. Il était percé d’un trou circulaire, permettant à l’eau de s’écouler dans un réservoir.

Palestre

A l’extrémité de l’allée bordée par les colonnes en marbre de cipolin et à proximité du “Port Egyptien” on aperçoit à gauche un monument formé d’un hall rectangulaire et d’une colonnade en granit gris provenant d’Assouan en Haute Egypte, qui entoure les quatre côtés d’une cour carrée à ciel ouvert, de 30 mètres de longueur. Un grand bassin rectangulaire, dont le fond est couvert d’une mosaïque en cubes blancs, occupe une partie de la cour.

Murailles phéniciennes

Arrivée au bout de la rue principale, on voit à gauche, un monument à colonnes de granit d’époque romaine, sous lequel passent deux remparts parallèles d’époque phénicienne. Ces remparts, formés de gros murs en pierres sèches épais de 4 mètres, ont été détruits probablement par Alexandre le Grand, lors de la prise de la ville.

Thermes

Les thermes d’époque romaine impressionnent par leurs proportions et leur style d’architecture. Ils s’élèvent comme la Palaestra située à proximité, sur le terrain gagné sur le port de Tyr. Pour empêcher l’humidité de s’infiltrer à partir du sol, ce monument est formé dans sa partie inférieure de voûtes parallèles en calcaire sur un radier général en blocs de calcaire. Au-dessus des voûtes, de grands thermes ont été bâtis en brique et recouverts d’un placage en pierre et en marbre. Les colonnettes, formées de disques de terre cuite superposés servaient d’hypocaustes et réchauffaient le sol en marbre tout en le soutenant, grâce à l’air chaud dégagé par les fourneaux et qui circulait entre elles.

Rues quadrillées

Il était d’usage dans les villes aménagées à la romaine, de tracer une rue Est-Ouest et une autre Nord-Sud. Les autres rues étaient placées parallèlement à ces deux rues principales.

Le périmètre archéologique de Tyr et ses environs

Cathédrale

Dirigée Ouest-Est, la cathédrale des Croisés a trois absides qui correspondent à chacune de ses parties. Les murs étaient en ramleh (pierre sableuse) qui servaient de parement à un noyau d’éclats et de mortier. Des colonnes d’époque romaine étayaient les murs. Les parements des parties extérieures ont été arrachés et là où ils existent encore aux angles de la façade, ils sont soigneusement taillés, contrairement aux parties basses destinées à être cachées. Le long des murs, des piliers en saillie vers l’extérieur contre butaient les arcades intérieures suivant la tradition romano-gothique du XIIe siècle.

A l’intérieur, de grosses piles profondément enfoncées dans le sol supportaient les colonnes. Les colonnes monolithes de la nef sont en granit rose des environs d’Assouan. Leur diamètre est exceptionnellement grand et atteint plus d’un mètre. Au croisement de la nef avec le transept, s’élèvent quatre piliers, lisses sur deux côtés adjacents et bombés en deux demi-colonnes sur les deux autres. Les colonnes ont très probablement été arrachées à un monument romain voisin, très certainement au temple d’Hercule, car, précisément non loin des absides, un gros tambour en marbre décoré des cymbales et canthares des cultes dionysiaques, du trépied d’Apollon et de la massue d’Hercule a été découvert. Ces symboles appartenant tous aux cultes de dieux fils, révèlent une époque de syncrétisme religieux. Un peu plus loin, on a trouvé un autel d’époque romaine qui porte une inscription dédiée au dieu Héraclès par un agoranome magistrat municipal chargé de la place publique. Il est donc probable que le temple d’Héraclès n’était pas très éloigné de la Cathédrale qui a puisé dans ses ruines bon nombre de ses éléments. Le corps de Frédéric Barberousse, Empereur d’Allemagne fut déposé dans cette Cathédrale en attendant vainement d’être transféré à Jérusalem. Les rois de Jérusale6m au XIIIe siècle y furent habituellement couronnés.
LES FONDS MARITIMES

“Il s’agit, en effet, non pas d’une cité ordinaire, mais de l’un des anciens comptoirs maritimes les plus célèbres du monde, d’une ville qui a été la métropole de Carthage et dont les navires parcouraient jadis toutes les mers. Les ports d’une pareille ville devaient être proportionnés à son immense commerce…seule une enquête sous-marine sérieusement menée et strictement contrôlée pouvait aboutir à dresser un plan exact des ports et des digues qui les protégeaient et à vérifier le témoignage de ceux qui, au siècle dernier, avaient entrevu d’énormes brise-lames submergés”.

En 1934-1936, trois campagnes eurent lieu. Au nord, on constata l’existence d’un môle ancien, révélant un port plus grand qu’il n’a été depuis. Au sud, les résultats obtenus résolurent définitivement la question qui avait soulevé pendant longtemps de vives controverses : un port attenant au rempart de la ville antique a été retrouvé, avec ses môles et ses quatre bassins pourvus de quais.

L’abordage de Tyr était très dangereux à l’époque antique à cause de l’affleurement des rochers sous la surface de l’eau et de la direction des vents. De nombreux navires avec leurs charges entières ont coulé près du rivage ou des môles des ports antiques.

Le port Nord ou Sidonien est toujours en usage. Ce qui reste du port Sud ou Egyptien gît sous la mer.

Les différents rapports de mission recommandent que les fouilles sub-aquatiques reprennent dès que les conditions le permettront.
LES ENVIRONS DE TYR

Tell el Rachidiyeh.

Cette colline artificielle à 4 km au Sud de Tyr, constitue le site le plus ancien de Tyr (Palaetyros), dans l’alignement de l’entrée du port Sud. On croit que l’ancienne Tyr et son cimetière se trouvaient là. Il y a également des chances que le temple principal du dieu Melqart exista sur ce même site. Depuis un siècle de nombreuses tombes importantes de l’époque phénicienne y ont été découvertes fortuitement. Malheureusement ce site, hors de contrôle, est devenu sujet à de multiples fouilles clandestines. Il a révélé une quantité abondante de céramique, dont quelques exemples, datent les tombes, par le type d’amphores chypriotes et les cruches du type Red Slip, vers la fin du VIIIe siècle av.J.-C.

Bourj el Chemali

Les ruines de ce village qui domine les collines voisines de Tyr comprennent une tour de l’époque des Croisades. Ces collines, d’une étendue de plus de cent hectares sont remplies de nécropoles creusées à des profondeurs variées, qui datent depuis l’époque phénicienne jusqu’à l’époque romaine. Les fouilleurs clandestins ont violé quelques centaines de tombeaux. C’est de là qu’a été exhumé un magnifique sarcophage en marbre d’époque romaine. De là sont également sorties les multiples figurines en terre cuite.

Tell Ma’chouq

Non loin de Bourj el Chemali, au sommet du tell, se trouve la mosquée de Ma’chouq qui figure sur une gravure de Bartlet datée de 1836. C’est un gros monticule rocheux qui abrite des tombes rupestres romaines ornées parfois de belles fresques.

Ras el-Aïn

C’est une des principales sources d’eau de la région de Tyr. Les aqueducs de Tyr commencent à Ras el-Aïn. Ces sources intarissables étaient décrites aux temps antiques comme miraculeuses par leur bienfait. Les ruines comprennent des bassins romains et une construction du XIXe siècle où l’eau de la source faisait tourner un moulin. Près des sources, il existe un site non fouillé de l’époque néolithique (peut-être du VIIe millénaire av. J.-C.). Il s’agit d’un des rares sites et de cette période situé sur le littoral libanais.

Aïn Baal (la source de Baal)

On a repéré dans cette localité des puits, des tombeaux et quelques colonnes antiques qui ont été employées dans la construction de la Mosquée du village et qui proviennent peut-être d’un sanctuaire consacré au Dieu Baal.

Qabr Hiram

A quelque 5 kms de Tyr près de Aïn Baal se dresse un grand monument insolite dit tombeau de Hiram ou Qabr Hiram. C’est un grand sarcophage monolithe posé sur un piédestal massif en calcaire taillé qui mesure environ 4 m. de long, sur 3 m. de large et 2 m. de haut, avec un couvercle pyramidal de près de 2 m. La tradition attribue ce monument à Hiram mais aucune inscription n’est gravée sur la tombe. Sa ressemblance avec les maghazils (tombes) d’Amrit baserait sa date à l’époque perse. Le tombeau est entouré d’un grand site romano-byzantin partiellement fouillé au XIXe siècle.

Qana

Situé à 12 km au sud-est de Tyr. Souvent confondu à tort, avec la Cana du Christ en Galilée, ce toponyme n’est pas unique, puisqu’on le retrouve dans la Békaa ainsi qu’aux environs de Hama en Syrie. A l’entrée Ouest de ce village se trouve le Wadi Qana, où la falaise transformée longtemps en carrière est sculptée par endroits de quelques figures commémoratives. En l’absence de toute inscription ou de données archéologiques datables, il était bien difficile d’attribuer une date à ces reliefs. Ibrahim Kaoukabani a fait le point en se basant principalement sur l’étude de M. Gawlikowski: “Dans l’ensemble, si on reprend tous les éléments de comparaison précités, concernant les stèles funéraires de la région de Cana ou de Pétra et Palmyre, et si l’on tient compte de la grossièreté de la facture, et de la médiocrité de la draperie, on pourrait déduire par analogie que ces nefesh, d’influence iturienne, sont datables de la fin de l’époque hellénistique et du début de l’époque romaine.”

Hanaouay

C’est là que se trouvent gravés dans la montagne les énormes reliefs rupestres de figures humaines bien connus mais mal compris. Ces reliefs ont déjà été étudiés et ont fait l’objet d’une publication en 1972. Découverte de tombes phéniciennes avec un riche mobilier funéraire et mise au jour des vestiges d’un sanctuaire périptère. On remarque cependant sur certains reliefs des graffitis modernes. Il faudrait prendre des mesures pour protéger ce site important.

Hounin

“Castrum Novum” ou le Château-neuf est le nom occidental de ce château fort dont l’importance tient à ce qu’il commandait les routes venant du Sud et se dirigeant vers Marj-Iyoun.

Tibnin

Ce village est dominé à l’Est par le château fondé par Hugues de Saint Omer, prince de Tabarie vers l’an 1104 sous le nom de “Toron”, vieux mot français signifiant éminence ou colline arrondie. Il est flanqué de tours, les unes carrées les autres demi-circulaires. Au-dessus du village à l’Ouest, subsiste encore un petit fortin arabe flanqué aux angles de quatre tours rondes.

Oum el ‘Amad.

A 19 km au Sud de Tyr, c’est un site hellénistique qui se trouve entre Ras el-Naquoura et Ras el-Abyad. Prospecté par E. Renan en 1860, il fut fouillé par M. Dunand entre 1942 et 1945. On y a découvert sur l’Acropole, les restes du temple de Milkl Ashtart dont on voit encore la cour dallée et la cella. Un second temple, à l’Est est dénommé “construction égyptienne”. Dunand écrit “les villages de la côte de l’arrière pays ne peuvent se concevoir hors la main de la puissante Tyr pour l’acheminement de leurs marchandises par la route côtière, la fameuse “via Maris”.

En Naquora

Tour de l’époque des croisades

Hamoul

Une grande partie de l’aqueduc ancien est conservé en excellent état. Il existe aussi des cavernes dans les falaises aux environs de l’aqueduc. Ces cavernes qui peuvent receler des vestiges anciens méritent d’être examinées.

Chamaa

A l’intérieur d’un château fort des maisons ont été construites qui fournissent d’excellents exemples de la construction libanaise des dernières années du XIXe siècle. L’une de ces maisons date de 1873. Il y a aussi une très belle mosquée à cinq dômes, unique dans la région. Une des voûtes du château renferme un pressoir à olives.

Sarafand (Sarepta dans l’antiquité)

Le site a été fouillé en partie par l’Université de Pennsylvanie qui en a publié les résultats. Les restes importants des époques romaine et cananéenne/phénicienne comportent un petit temple phénicien. Le chantier des fouilles est actuellement entouré de bâtiments modernes, il est en très mauvais état. Le quartier du port romain a été recouvert par des constructions récentes.

Aadloun

Un caveau préhistorique a été découvert et fouillé. Les résultats publiés.

d’autres sites méritent également d’être prospectés tel que :

Akshaf

C’est l’actuelle Aksaf ou Iksaf, elle se situe au sud de Nahr-Qasmiyé, à la latitude de Tyr. Les tablettes d’El-Armana en parlent ainsi que la Bible. On y a découvert en 1970 une mosaïque à dessins géométriques et une série de tombes violées datant d’époques romaine et byzantine.

Iskanderouna

C’est l’ancienne “Alexandrocène” signifiant la tente d’Alexandre le Grand, qui aurait campé en cet endroit pendant qu’il assiégeait Tyr. Au Moyen-Age, cette localité nommée “Scandelion” formait un fief relevant de Tyr. En 1116 Baudouin 1er restaura le fortin pour en faire une base d’opération contre Tyr. Le site contient beaucoup d’éléments d’architecture, tels que fûts et bases de colonnes, bassin circulaire et pierres taillées

Khirbet Slim

Situé à une vingtaine de kilomètre à l’Est de Tyr, elle a livré un matériel céramique important appartenant au Bronze Moyen, Bronze Récent et surtout à l’Age du Fer, ce qui implique une occupation continue du site. Il a été fouillé dans les années 1920 et acquis par le Musée National en plusieurs lots entre 1928 et 1934. Les fouilles clandestines récentes n’ont pas épargné ce site.

Siddiqine

Situé au Sud de Qana, on y a découvert un très beau trône d’Astarté en pierre calcaire, flanqué sur les côtes de deux sphinx ailés. L’attribution de ce trône à la déesse Astarté est due au trône de Khirbet al Tayybé du IIIe siècle av. J.-C., trouvé au sud-est de Tyr, exposé aujourd’hui au Musée du Louvre. Il est très semblable au trône, acquis par le musée de l’AUB avec la différence que les stèles sont sculptées en faible relief. Elles représentent la divinité, à gauche, et le dédicant tenant la main droite levée en signe d’adoration, à droite.

Burj et Mamura

Le site situé entre Burj et Mamura, à 3 kms de Tyr est la propriété de M. Ibrahim Bitar. Il est à flanc de colline et est constitué d’un massif rocheux utilisé vraisemblablement comme nécropole par les romains. Les tombes sont creusées à même le roc et camouflées de façon à les rendre presque invisibles. Les premières fouilles ont livré des objets et des fresques. Cependant, dès juillet 1982, la mission UNESCO a pu constater que de nombreux tombeaux avaient été pillés.

Aalma Ech Chaab

Eglise catholique grecque Saint Elias construite en 1894.

El Jebbain

Les restes d’une grande ferme de l’époque romaine. Il y a aussi deux tells non fouillés où plusieurs grands murs sont visibles à la surface ainsi que de nombreux puits.

El Qlaille

La mosquée Mazor Amran qui date de la fin du XIXe siècle. A l’entrée de la mosquée se trouvent deux chapiteaux romains. Des colonnes romaines, des pressoirs à olives et d’autres vestiges révèlent l’existence d’un important centre romain.

El Henniye

Plusieurs pressoirs à olives, des restes anciens ainsi qu’un grand tombeau qui pourraient être d’origine romaine.

Zebqine

A l’entrée de Zebqine dans le quartier “Al-Gourouze” se trouve un site semblable à celui de El Jebbain. La céramique indique un site romain, il s’agirait probablement d’une grande ferme. Zebqine est entouré d’importants centres anciens : El-Medrajah, Bir el Aqaba, El Hammamiyat, El-Hema, El Qutah, Bir el-Qassir, Khirbet Berdoumay et Khirbet Yaroun.

Jbal el Botom

Au sommet de la montagne près de la mosquée subsistent des restes de murs anciens remontant peut-être à l’époque romaine. Plusieurs maisons datent du XIXe siècle.

Jaal el Bahr

Le site se trouve dans le proche voisinage de Tyr, immédiatement au Nord de la ville. Les restes d’un petit temple hellénistique, ainsi qu’un grand nombre de statuettes en céramique ont été découverts. Plus au Nord de Baqbouq subsistent des vestiges de murs romains et de tombeaux souterrains.
Ramali

Près de 50 tombeaux datant de l’âge du Bronze Moyen à l’époque romaine ont été fouillés. Certains de ces tombeaux contenaient des fresques, aujourd’hui disparues.

Le périmètre archéologique de Tyr et ses environs

Derdghaya

De nombreuses vieilles maisons en pierre qui sont représentatives de l’architecture libanaise. Les villages d’Aalma ech Chaab et de Derdghaya dans le sud du pays en constituent les meilleurs exemples.

Nabaá ou source jaillissante

Dans cette région située entre Bourj el Qoubli et Aïn Baal, découverte fortuite d’une grande quantité de figurine en terre cuite (4000 objets environ). Le site de Nabaá comprend une source qui coule au pied d’un plateau à faible hauteur (150 -200 m). Le flanc de ce plateau abrite plusieurs tombeaux de différents styles et âges d’où proviennent des lampes et des figurines datées du IVe et IIIe siècle av. J.-C. Ces dernières années le site a été livré à de nombreuses fouilles clandestines et au vandalisme.

Kharayeb

Situé à près de 3 km au Nord du pont de Quasmiyé, ce site a été fouillé par le service des Antiquités du Liban, d’abord en 1946, repris plus tard en 1969-70 par I. Kaoukabani. Un sanctuaire fut mis au jour avec une multitude de figurines en terre cuite qui représentent en majorité les déesses de fertilité, d’où la conclusion que le sanctuaire serait dédié à une déesse de la fécondité.