Originaire de la ville de Tyr, au Sud du Liban, Madame Maha El-Khalil Chalabi a grandi parmi les vestiges prestigieux de cette cité millénaire aux huit civilisations.
Presqu'île du sud de la Méditerranée, ville-phare de l'expansion phénicienne au-delà des mers, dispensatrice de l'alphabet, premier bastion des formes démocratiques, berceau du commerce maritime international, créatrice de la pourpre, origine du verre coloré et soufflé, remuée par les fastes de l'Histoire autant que par ses vicissitudes, objet de la curiosité des grands voyageurs d'Europe vers l'Orient mystérieux, Tyr fut mise au jour à l'époque moderne par le Département des Antiquités du Liban.
De la première mission archéologique française menée par Ernest Renan aux récits lyriques des écrivains romantiques ou encore des magnifiques gravures du XVIe au XIXe siècles, Tyr n'a cessé de faire rêver, levant petit à petit un coin de voile de son histoire.
Depuis près de vingt ans, Mme Chalabi, mène une action pour faire mieux connaître ce haut lieu de l'histoire et de l'art qu'est Tyr. Diplômée en Sciences Sociales à la Faculté de Médecine Française de Beyrouth et en Sciences Politiques à la Faculté de Droit de l'Université Saint Joseph, Mme Chalabi fonde un Centre médico-social à Tyr en 1958, devient membre actif du bureau Exécutif de l’œuvre pour la protection de la « Maternité et de l’Enfance » en 1961, membre fondateur de l’œuvre de Promotion des Femmes dans les camps palestiniens en 1966, membre fondateur de l’association des dames du sud-Liban en 1969, membre du Conseil Exécutif de la Croix Rouge Libanaise en 1973, fondatrice et présidente du Festival international de Tyr en 1972.
En 1975, la guerre éclate et arrête le Festival, le sol et le sous-sol de Tyr, témoins de sa grandeur depuis six mille ans, sont devenus lieux de violence et de déprédations. Devant le danger encouru par le site archéologique, Mme Chalabi alerte les organismes internationaux notamment, l’UNESCO, la ligue des Etats Arabes et l’Organisation des Nations-Unies. Sous son impulsion et avec l’appui de l’ambassadeur du Liban auprès de l’ONU, Mr Ghassan Tueni, le conseil de Sécurité inclut dans une résolution le 19/12/1979, un paragraphe considérant le site de Tyr comme « Patrimoine de l’Humanité » et la nécessité de la sauvegarder.
Fort de ces décisions émanant des plus hautes instances mondiales, et en coordination avec le Délégué Permanent du Liban auprès de l'UNESCO, Mme Chalabi entreprend la création d'une "Association Internationale pour la Sauvegarde de Tyr" regroupant d'éminentes personnalités du monde de la Culture et des Sciences, concernées au plus haut point par le sort de cette métropole antique.
C'est le 5 mai 1980, au cours de la "Journée pour Tyr" à l'UNESCO que l'Association Internationale pour la Sauvegarde de Tyr est officialisée. Mme Chalabi est élue Secrétaire Général.
Le 27/05/80, le Conseil Exécutif de l'UNESCO reconnaît la nécessité de sauvegarder l'ensemble du site archéologique de Tyr et de ses environs. Après le conseil de Sécurité des Nations Unies et le conseil Exécutif de l’UNESCO, le Parlement Européen, le Sénat Américain, la ligue des Etats Arabes, La Chambre des Lords, La Fédération Mondiale des Villes Jumelées, etc…, tous, dans un mouvement unanime, ont classé Tyr au rang de patrimoine Universel.
Organisation Internationale Non Gouvernementale (OING) au statut consultatif auprès de l'UNESCO, l'Association Internationale compte aujourd'hui 13 comités nationaux, répartis dans les grandes capitales du monde : France, Belgique, Royaume Uni, République Allemande, Etats-Unis d'Amérique, Tunisie, Autriche, Pays-Bas, Syrie, Liban, Japon, Italie, Maroc qui mènent une campagne d'information et de sensibilisation en organisant de grandes manifestations culturelles.
Le 8 novembre 1983, la Conférence Générales de l’UNESCO décide de lancer une Campagne Internationale pour la sauvegarde de Tyr, à L’instar de celles de Venise, de Carthage ou d’Abou Simbel. En 1984, Tyr est inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial.
Mme Chalabi a réussi à recueillir l’attention de tous ceux pour qui l’Histoire comprend non seulement le présent mais ou le passé et l’avenir se confondent. Elle a porté l’image de cette ville-mémoire d’un pays à l’autre. Sa détermination à sauver ce berceau de l’humanité a porté ses fruits puisque Tyr bénéficie, aujourd’hui, d’une convergence internationale en faveur de sa réhabilitation depuis que le Directeur Général de L’UNESCO a lancé officiellement, le 3 mars 1998, la Campagne Internationale pour Tyr pour « sauver l’un des grands foyers de la civilisation mondiale ».
L’importance du périmètre archéologique de Tyr, les projets envisagés dans le cadre de la Campagne UNESCO, le potentiel touristique générateur de possibilités socio-économique font de ce vaste programme de réhabilitation et de développement régional une priorité absolue pour la région qui va entraîner des innovations prometteuses en créant les bases d’un avenir dynamique et productif pour le Sud-Liban.
En février 1986, Le Gouvernement Français élève Mme Chalabi au Grade de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite pour les services exceptionnels rendus dans le développement des relations Franco-Libanaises.
En mars 1986, le Ministère Français de la culture la nomme Officier de l’ordre des Arts et des Lettres.
En 1988, le Président de la République Libanaise la nomme Officier de l’Ordre National du Cèdre.